C'est injuste, mais il y a parfois des appellations ou des régions qui subissent leur histoire, et qui trainent une réputation pourtant à l'opposé de l'actualité gustative de leurs vins. Si il y a une région viticole dont la réputation renait de ses cendres depuis quelques années, c'est bien le Languedoc. Vaste région historiquement vignerone, mais à la réputation de vins rustres et sans finesse, qui révèle pourtant de véritable trésors.
La semaine dernière en déplacement sur Montpellier, je me suis senti attiré par une petite route au Nord, qui monte vers le Larzac, et je découvre à Montpeyroux le Domaine d'Aupilhac.
Inconnu à mes oreilles, le domaine n'est est pas moins une référence, et pas que locale. Sylvain Fadat son propriétaire est en effet réputé pour la grande qualité de sa gamme, et reconnu bien au-delà de la région comme un spécialiste du cépage Carignan.
Carignan dites-vous ? Eh bien soit, après dégustation fort sympathique de la gamme (superbe série des "Cocalières" !), j'arrête mon choix sur l'achat d'un "Le Carignan", 100% Carignan évidemment, de 1998. S'il faut en gouter un, ce sera celui-là.
Bouteille ouverte 1 heure avant dégustation, et là, comment dire...
J'aime le Carignan. Pas facile à rendre à sa juste valeur, il donne des vins un peu fous, assez tanniques et épicés, que je suis habitué à boire jeunes.
Mais là, avec 16 ans en cave, ce Carignan devient mature en gommant ses péchés de jeunesse. Son nez est élégant, d'une grande profondeur, sur des petit fruits noirs. La bouche est ample, puissante mais aérienne, sans tannins astringents, fondus dans l'age. Superbement veloutés, les arômes sont cuir et pruneau, avec une souplesse qui équilibre comme rarement la charpente et le fruit, le tout maintenu en bouche dans une longueur folle.
Ce magnifique Carignan bien vieillit dévoile l'immense talent du domaine, et devient une référence pour ma part. Excellent si ce n'est exceptionnel !
http://www.aupilhac.com/
Je ne suis pas oenologue, certainement pas cuisinier, à peine connaisseur. En simple amateur de bons vins, je n'aurais pas de grands mots d'érudit culinaire pour exprimer mes dégustations. Voici mes ressentis sur les plaisirs à la fois riches, simples et sans cesse renouvelés du plus élaborés des nectars...
dimanche 5 octobre 2014
mercredi 28 mai 2014
"Aberra" de John Schmitt : Attention OVNI
Vin nature... Pfff encore un snobisme, un caprice de parisien en mal d'aventure. Malgré les critiques faciles sur le côté "branché" des vins natures, je ne suis jamais contre de nouvelles découvertes. Et bien que dans mon petit restaurant parisien préféré du 11eme la Cave Fervere, le patron Olivier me donne bien des plaisirs viticoles par ses efforts à découvrir des liqueurs improbables, il est arrivé que je lui renvoi vertement une bouteille de ces vins bios élevés sans sulfites. Et oui, les vins naturels, c'est comme l'art, tout n'est pas beau, l'amour est question de gout.
Mais là, devant un magnifique boeuf façon bourgignon revisité, voilà qu'on me verse cet "Aberra", vin nature d'un certain John Schmitt, produit dans un coin reculé du Languedoc, qui sort en appellation Vin de France. Obscur vous dites ?
Oui et pourtant je reviens sur mes à-prioris : un vin animal, d'un rouge grenat sombre et dense, au nez de terre et la bouche ample, charpentée et poivrée, puissante et d'une longueur interminable. C'est un 2012, mais si le bougre exprime déjà une maturité certes un poil brutale, c'est une main de fer dans un gant de velour. Dans ce vin rustique mais irrésistible, la Syrah se mélange au Lledoner Pelut, un cépage espagnol typiquement ibérique, et on sent ici que les deux races donnent un métissage gustatif explosif.
Amateurs de rouge transparents d'apéros passez votre chemin, "Aberra" se boit en mangeant du solide, du très solide !
Une bouteille OVNI, étrange, indispensable, dont je veux absolument me procurer un 2eme exemplaire. 19€ à la Cave Fervere, Paris 11eme.
Mais là, devant un magnifique boeuf façon bourgignon revisité, voilà qu'on me verse cet "Aberra", vin nature d'un certain John Schmitt, produit dans un coin reculé du Languedoc, qui sort en appellation Vin de France. Obscur vous dites ?
Oui et pourtant je reviens sur mes à-prioris : un vin animal, d'un rouge grenat sombre et dense, au nez de terre et la bouche ample, charpentée et poivrée, puissante et d'une longueur interminable. C'est un 2012, mais si le bougre exprime déjà une maturité certes un poil brutale, c'est une main de fer dans un gant de velour. Dans ce vin rustique mais irrésistible, la Syrah se mélange au Lledoner Pelut, un cépage espagnol typiquement ibérique, et on sent ici que les deux races donnent un métissage gustatif explosif.
Amateurs de rouge transparents d'apéros passez votre chemin, "Aberra" se boit en mangeant du solide, du très solide !
Une bouteille OVNI, étrange, indispensable, dont je veux absolument me procurer un 2eme exemplaire. 19€ à la Cave Fervere, Paris 11eme.
dimanche 16 mars 2014
La "Mise en bouche" : Crozes-Hermitage 2009 d'Emmanuel Darnaud
Il y a parfois des claques qui se perdent, certaines sont méritées, et certaines ont un petit gout de "reviens-y" : la claque de ce soir c'est le Crozes-Hermitage "Mise en Bouche" 2009 produit par Emmanuel Darnaud.
J'adore la Syrah, qui produite sur les côtes nord du Rhône donne ce fruit poivré si particulier. Evidemment le talent du vigneron y est pour beaucoup et comme partout certains sont meilleurs que d'autres. Sur Crozes il y en a pour tous les gouts, mais la typicité de l'appellation est bien définie et reconnaissable.
C'est donc hier soir sur une souri d'agneau que le patron du Cirque à Cannes me sort cette bouteille "Mise en Bouche" 2009, dont la couleur et le nez au goulot déjà fumé me mettent l'eau à la bouche. Il y a quelque chose de plus qu'à l'habitude, quelque chose de plus dense, complexe, fondu...
Je goute et là, la claque. Non seulement c'est un Crozes, avec ce fruit gourmand et frais, mais en plus j'avais rarement senti autant de "terre" dans ces vins. Une charpente virile mais élégante, une ampleur vineuse en bouche qui lui donne une belle richesse et de la matière, un "lard" puissant et fumé qui n'enlève rien à la fraicheur du vin, et ce terroir... Il se fait sentir plus qu'ailleurs dans une longueur noyautée interminable. Un pur nectar, complexe et puissant, une valeur sure qu'il faut avoir absolument. Je ne sais pas comment vieillira cette année 2009, mais assurément ce vin est travaillé avec excellence, je ne doute donc pas de son futur en cave.
A découvrir absolument !
PS : Pensée pour mon jeune ami Norman Berrut, grand découvreur de belles bouteilles disparu il y a bientôt 2 ans. Celle-ci fut pour toi mon jeune ami, repose en paix...
J'adore la Syrah, qui produite sur les côtes nord du Rhône donne ce fruit poivré si particulier. Evidemment le talent du vigneron y est pour beaucoup et comme partout certains sont meilleurs que d'autres. Sur Crozes il y en a pour tous les gouts, mais la typicité de l'appellation est bien définie et reconnaissable.
C'est donc hier soir sur une souri d'agneau que le patron du Cirque à Cannes me sort cette bouteille "Mise en Bouche" 2009, dont la couleur et le nez au goulot déjà fumé me mettent l'eau à la bouche. Il y a quelque chose de plus qu'à l'habitude, quelque chose de plus dense, complexe, fondu...
Je goute et là, la claque. Non seulement c'est un Crozes, avec ce fruit gourmand et frais, mais en plus j'avais rarement senti autant de "terre" dans ces vins. Une charpente virile mais élégante, une ampleur vineuse en bouche qui lui donne une belle richesse et de la matière, un "lard" puissant et fumé qui n'enlève rien à la fraicheur du vin, et ce terroir... Il se fait sentir plus qu'ailleurs dans une longueur noyautée interminable. Un pur nectar, complexe et puissant, une valeur sure qu'il faut avoir absolument. Je ne sais pas comment vieillira cette année 2009, mais assurément ce vin est travaillé avec excellence, je ne doute donc pas de son futur en cave.
A découvrir absolument !
PS : Pensée pour mon jeune ami Norman Berrut, grand découvreur de belles bouteilles disparu il y a bientôt 2 ans. Celle-ci fut pour toi mon jeune ami, repose en paix...
vendredi 28 février 2014
Lynch-Bages : les autres vins...
Bordeaux. Déjà je n'y connais rien, mais en plus le système de classification 1855 me semble d'un archaïsme snobinard qui ne sert pas la région, des tarifs souvent élitistes pour des vins trop surs d'eux, de fréquentes mauvaises surprises derrière des étiquettes flatteuses, bref j'avoue ne pas partir sur un avis favorable concernant les jus bordelais.
Alors ne soyons pas trop juge, fermons les yeux et ouvrons la bouche.
Il est certain que certains des meilleurs vins au monde sont des Bordeaux, et bien que tout cela soit une question de gout, mon palais novice ne peut s'arrêter à quelques mauvaises rencontres avec le bordelais dans des restaurants douteux.
Comme partout, les bons subissent l'influence des mauvais. Alors essayons de nous faire guider vers de nobles nectars bordelais, et pourquoi ne pas commencer par une signature aussi prestigieuse qu'efficace : les productions Jean Michel Cazes.
Ce soir RDV au club d'amateurs de vins Millésime 96 à Cannes, lancé cette année par Marc Berrut, grand amateur de vins et propriétaire de l'incontournable restaurant "La Cave" à Cannes. "Allez Olive, viens gouter ces merveilles..."
Et c'est parti pour la découverte de deux vins "made in" JMC : Pauillac 2010, 3eme vin de Lynch-Bages pour démarrer, et Chateau Cordellian-Bages 2010 tout en haut de la gamme.
Alors je ne vais pas faire un exposé gustatif bien trop complexe pour moi, simplement :
Pauillac 2010 3eme vin de Lynch-Bages : nez fruité un peu confit, belle charpente en bouche, un poil robuste par son jeune age, belle longueur. Un vin puissant, à boire de suite ou faire vieillir, superbe découverte en Pauillac. Avec une bouteille sous les 35€, pour moi c'est réconciliation directe avec les Bordeaux.
Chateau Cordeillan-Bages 2010 : situé juste en face des parcelles Lynch-Bages, celui-là semble être largement à la hauteur de son demi homonyme. Un très grand Pauillac, un nez plein et gourmand, une bouche ample, charpentée et complexe sur un cuir d'une élégance masculine, avec une finale interminable et soyeuse, soyeuse... Je dis oui !... mais bon il faut attendre. Celle là est belle à gouter, mais il faut se forcer à l'enterrer. Alors on attendra, pour ce genre de grand nectar je suis prêt à être patient.
Bien sur le tarif n'est plus du même ordre, mais malgré tout un très bon RQP selon moi.
Allez merci Marco, merci mr Cazes, une caisse de chaque dans la cave, c'est un beau retour en bordelais !
Alors ne soyons pas trop juge, fermons les yeux et ouvrons la bouche.
Il est certain que certains des meilleurs vins au monde sont des Bordeaux, et bien que tout cela soit une question de gout, mon palais novice ne peut s'arrêter à quelques mauvaises rencontres avec le bordelais dans des restaurants douteux.
Comme partout, les bons subissent l'influence des mauvais. Alors essayons de nous faire guider vers de nobles nectars bordelais, et pourquoi ne pas commencer par une signature aussi prestigieuse qu'efficace : les productions Jean Michel Cazes.
Ce soir RDV au club d'amateurs de vins Millésime 96 à Cannes, lancé cette année par Marc Berrut, grand amateur de vins et propriétaire de l'incontournable restaurant "La Cave" à Cannes. "Allez Olive, viens gouter ces merveilles..."
Et c'est parti pour la découverte de deux vins "made in" JMC : Pauillac 2010, 3eme vin de Lynch-Bages pour démarrer, et Chateau Cordellian-Bages 2010 tout en haut de la gamme.
Alors je ne vais pas faire un exposé gustatif bien trop complexe pour moi, simplement :
Pauillac 2010 3eme vin de Lynch-Bages : nez fruité un peu confit, belle charpente en bouche, un poil robuste par son jeune age, belle longueur. Un vin puissant, à boire de suite ou faire vieillir, superbe découverte en Pauillac. Avec une bouteille sous les 35€, pour moi c'est réconciliation directe avec les Bordeaux.
Chateau Cordeillan-Bages 2010 : situé juste en face des parcelles Lynch-Bages, celui-là semble être largement à la hauteur de son demi homonyme. Un très grand Pauillac, un nez plein et gourmand, une bouche ample, charpentée et complexe sur un cuir d'une élégance masculine, avec une finale interminable et soyeuse, soyeuse... Je dis oui !... mais bon il faut attendre. Celle là est belle à gouter, mais il faut se forcer à l'enterrer. Alors on attendra, pour ce genre de grand nectar je suis prêt à être patient.
Bien sur le tarif n'est plus du même ordre, mais malgré tout un très bon RQP selon moi.
Allez merci Marco, merci mr Cazes, une caisse de chaque dans la cave, c'est un beau retour en bordelais !
dimanche 29 décembre 2013
Menetou Salon Blanc "Honorine" 2011 - La Tour St Martin
Menetou-Salon... voilà bien une appellation qui passait à mes yeux pour un vin sans réelle existence. D'en avoir gouté par-ci par-là, j'y voyais un blanc de table, sans grande personnalité, occulté par ses prestigieux voisins de Sancerre.
Eh bien je remercie ce soir les Minchin de m'ouvrir les yeux sur cette appellation, petite par la taille, mais dotée d'un terroir qui n'a pas grand-chose à envier à ceux de l'Est, Sancerre et Pouilly
Dès l'ouverture le nez est bien flatteur, qui promet un vin gourmand et bien élevé. De cette cuvée "Honorine" 2011 je retiens une couleur pâle, presque aqueuse, qui contraste avec le gourmand de l'arôme. Un blanc puissant, équilibré, aux arôme de fruit exotiques (papaye ou mangue j'hésite) qui se fondent dans une longue finale acidulée, bien dosée par un gras élégant. Un Sauvignon inhabituel, remarquable, différent d'un Sancerre et c'est tant mieux. Bref, c'est beau, c'est plein, c'est bon !
Eh bien je remercie ce soir les Minchin de m'ouvrir les yeux sur cette appellation, petite par la taille, mais dotée d'un terroir qui n'a pas grand-chose à envier à ceux de l'Est, Sancerre et Pouilly
Dès l'ouverture le nez est bien flatteur, qui promet un vin gourmand et bien élevé. De cette cuvée "Honorine" 2011 je retiens une couleur pâle, presque aqueuse, qui contraste avec le gourmand de l'arôme. Un blanc puissant, équilibré, aux arôme de fruit exotiques (papaye ou mangue j'hésite) qui se fondent dans une longue finale acidulée, bien dosée par un gras élégant. Un Sauvignon inhabituel, remarquable, différent d'un Sancerre et c'est tant mieux. Bref, c'est beau, c'est plein, c'est bon !
mardi 10 décembre 2013
Vin de Paille 2009 - Domaine de la Renardière
Le dessert... Trouver quelque chose d'inhabituel, d'exotique, voire de mémorable. C'est alors que les petites bouteilles à la forme si particulière me sont revenues à l'esprit : le Vin de Paille jurassien de JM Petit, Domaine de la Renardière.
Les vins du Jura, surtout sous voile, sont probablement mes blancs préférés. Avec leurs arômes puissants, leur cépage si particulier et leur oxydation si marquée, ils ont une identité reconnaissable entre toute, et ne sont pas accessibles à tous les palais.
Alors ce soir le dessert est chocolat, point d'oxydation mais tentons le Vin de Paille.
Une couleur ambrée profonde et limpide, un arôme de fruits confits et secs et de miel doux, ce vin est une friandise pour les grands. Bien que ce soit un "moelleux", l'élevage particulier des Vins de Paille rend le vin aérien et riche, sans trop de lourdeur sucrée. Une petite perle, élevée de main de maitre par JM Petit. Incontournable !
Les vins du Jura, surtout sous voile, sont probablement mes blancs préférés. Avec leurs arômes puissants, leur cépage si particulier et leur oxydation si marquée, ils ont une identité reconnaissable entre toute, et ne sont pas accessibles à tous les palais.
Alors ce soir le dessert est chocolat, point d'oxydation mais tentons le Vin de Paille.
Une couleur ambrée profonde et limpide, un arôme de fruits confits et secs et de miel doux, ce vin est une friandise pour les grands. Bien que ce soit un "moelleux", l'élevage particulier des Vins de Paille rend le vin aérien et riche, sans trop de lourdeur sucrée. Une petite perle, élevée de main de maitre par JM Petit. Incontournable !
lundi 9 décembre 2013
Pouilly - Loché "Les Mures" 2010, Alain Delaye
Une redécouverte dans ma cave. Enfouie depuis presque 2 ans, je l'avais acheté après l'avoir gouté sur recommandations d'un sommelier de Georges Blanc. Un petit "grand blanc de Bourgogne" plein de fraicheur, au nez bien floral. Un vin droit et bien élevé, dont la bouche tend vers des agrumes élégants et d'une finale subtile. Un vrai plaisir car exclusif par la petitesse de l'appellation, tout en restant accessible au porte-monnaie (15€ en moyenne)...
Allez pour faire comme les grands : Très Bien.
Allez pour faire comme les grands : Très Bien.
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